500 naturistes s'insurgent contre la répression policière et exigent un moratoire. Cela se passe sur la petite plage de la Budaz, à Epesses.
Les beaux jours s'éloignent. Mais la guerre continue entre les naturistes de la petite plage de la Budaz, à Epesses (VD), et la Municipalité du coin. Les adeptes du nu intégral se sont sentis persécutés tout l'été. Ils viennent donc de remettre au Conseil communal une pétition signée par 495 sympathisants! Sur le fond, leurs arguments ne sont pas nouveaux: bien que leur présence sur la plage soit illégale, ils la fréquentent, l'entretiennent et l'aménagent depuis vingt ans, clament-ils. Et ce à l'abri des regards et sans nuire à personne. Ils demandent donc «un moratoire de deux ans afin de réfléchir à l'avenir de cette plage» et que les autorités ne «recourent plus à la répression du naturisme».
Au début de l'été, la Municipalité avait déclenché les hostilités. Instaurant une collaboration avec la police de Lutry, elle avait décidé de traquer et d'amender les naturistes. «Depuis le début du mois d'août, nous avons effectué 20 contrôles débouchant sur 15 dénonciations (l'amende est de 190 fr., réd.), confirme Eugène Chollet, commandant de la police de Lutry. De là à parler de harcèlement... On n'est pas planté sur la plage de l'aube au coucher du soleil!»
«Ayatollah» ou «pitbull» La pétition sera discutée au Conseil communal lundi prochain. En attendant, la Municipalité n'entend manifestement pas relâcher la pression. «Certains de mes collègues sont en vacances, nous ne nous sommes pas encore réunis pour en discuter, note Louis-Philippe Porchet, municipal en charge de la police. Mais on ne fait que respecter un règlement communal. Pourtant, on reçoit beaucoup de courrier, dont de nombreuses lettres courageusement anonymes, très violentes. On me traite d'ayatollah ou de pitbull! Je vous jure que ça ne me donne pas vraiment envie de lâcher prise...»