Gaëlle MAGDER - Se défaire des habits de la ville
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Dans cette série de photos, Le regard de Gaelle Magder se glisse dans les plis de la ville pour lever le voile sur deux visages du naturisme urbain. L'expression de naturisme urbain peut paraître paradoxale tant dans l'esprit collectif, cette pratique semble dévolue au plein air et aux espaces naturels. Mais la ville est souple et anonyme, elle recèle de niches qui donnent le sentiment de pouvoir échapper à son emprise. Le premier visage du naturisme urbain est licite. Il prend la forme d'activités organisées, qui investissent des lieux autorisés, en l'occurence une piscine, fermée le temps d'un soir aux textiles. Le second visage renvoie à des pratiques sauvages qui ont pour ressort le détournement d'un espace ouvert de son usage quotidien. Il s'agit d'un site industriel aux franges de Paris. Dans l'image qui en est donnée pourtant, tous les codes d'une plage classique sont présents, le sable, l'eau, les serviettes où s'allonger. Dans sa construction l'image fonctionne comme un rébus qui donne l'idée d'une plage en négatif. Le sable est destiné à la construction et s'entasse dans des péniches.Dans la Seine , on ne s'y baigne pas. A cet endroit ce n’est plus le fleuve de prestige qui donne a voir les principaux monuments de Paris, c’est une artère empruntée par les péniches qui charient des matériaux, les bâteaux mouches n'y montrent pas leurs ailes. La plage pour de faux montre sa réalité nue : elle est improvisée dans un espace industriel entre périphérique et sablières. Dans la piscine en revanche, les corps sont plus détendus. L'objectif de Gaelle surprend des gestes, des activités qui se nourissent de l’enfance. Le corps n’est pas en exposition , on ne baigne pas dans l'intime, les poses sont celles du quotidien les vêtements en moins. Rien de charnel ou de sexué, tout semble ludique et bon enfant. Pour faire le contrepoint à ces corps dénudés, Gaelle habille ses photos par différents truchements. Le flou des mouvements qui envelope les corps, le prisme de l'eau qui les dilue, les images monochromes qui font que le regard s'échappe de l'évidence. Les angles de vue jouent avec. le sujet et l'élément aquatique: plongées, contre plongées, distance et rapprochement. Dans ce reportage, Gaelle nous fait partager son amusement, sa curiosité, sa complicité et une profonde ampathie qui dénotent une véritable approche humaniste. Après l’obtention de son diplôme de la section photographie de l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs, ainsi que des stages aux services archives de grandes agences (Vu, Magnum), Gaëlle Magder, débute sa profession de photographe en 2001. En 2003 elle intégrele le collectif Exmundo. Ses premières années l’ont amené à collaborer avec la presse (Télérama, DS, Nova magazine, Phosphore, Jalouse, 20 minutes...), à participer à des concours (Bourse de la Fondation Hachette, Bourse de Talent, Prix de la Photographie Sociale et Documentaire, Dotation Kodak...), et à exposer dans des galeries (galerie Autres regards, galerie Marlat, galerie Artazart, Espace Picto Bastille). Son travail s’axe autour de l’humain et de sa place dans la société. Texte de : David Cousin-Marsy
Gaëlle Magder
Le naturisme sur une plage en été pendant les vacances, rien de plus simple : il suffit de tomber le maillot. Les centres spécialisés tels celui d’Arnaoutchot dans les Landes ou celui de Cap d’Agde en sont les fers de lance. En revanche, comment pratiquer ce mode de vie lorsque l’on est parisien, et que l’on travaille toute la journée ? Seuls quelques établissements (une piscine, un hammam et un sauna dans la capitale) ont choisi d’ouvrir leurs portes, quelques heures par semaine, à ces accros de la natation en tenue d’Adam ou d’Eve. L’entrée leur est réservée, ils peuvent s’adonner à l’aquagym ou à la plongée sous-marine et bien entendu, le voyeurisme n’est pas de mise. Les « textiles » – les adeptes du maillot de bain dans le jargon naturiste – n’ont qu’à rester dehors. Pour les amoureux du plein air, reste le « naturisme sauvage » : quelques espaces vert sur les rives de la Seine accueillent les adeptes parisiens forcenés. À leurs risques et périls ! Cette pratique, jugée exhibitionniste, est sévèrement punie par la loi. Mais il en faudrait plus pour les décourager. Depuis la création en 1950 de la Fédération Française de Naturisme par Albert Lecocq, cette pratique n’a eu de cesse de se faire une place dans une société « post-soixante-huitarde » malgré tout encore très pudique. Pour le grand public, souvent mal informé, les naturistes sont fréquemment considérés comme marginaux, exhibitionnistes et parfois même comme pervers. Alors que pour eux, c’est avant tout un art de vivre. Car à la différence des nudistes, qui se dévoilent à l’occasion sur les plages, les naturistes font de la nudité un mode de vie, une philosophie. Leur credo : l’harmonie avec la nature, le respect de soi-même et le respect des autres. Alors pas question de les confondre avec ces saunas qui ne sont qu’un prétexte à l’échangisme. Cet amalgame fréquent explique probablement pourquoi on y rencontre une majorité d’hommes. En revanche tous les âges sont concernés, même s’il est vrai que les adolescents, plus pudiques, se font plus rares. Chez nos voisins, on constate que les scandinaves, eux, s’exposent en toute impunité. Au Danemark, en Norvège et en Suède, une loi permet le droit à la nudité « dans la mesure où l’on ne dérange pas son voisin ». Et en Allemagne, on peut être nu dans de nombreux parcs et piscines publics, sans choquer personne. Encore peu connue des citadins, cette activité compte près de deux millions de pratiquants dans l’Hexagone, dont environ cinq cent en Ile-de-France. J’ai voulu savoir comment concilier l’envie de pratiquer avec les contraintes parisiennes.
L’Association des Naturistes de Paris (ANP) loue une piscine parisienne, quelques heures par semaine, afin de permettre à ses abonnés de nager nu. Paris.
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En réponse à l'excellent article mis en ligne par gregnantes. Un grand merci à toi pour ces échanges culturels des plus intéressants !
A voir la série de photos "Comme un poisson dans l'eau" ! de Gaëlle Magder
(désolé, je suis incapable de mettre le liens sur ce forum !)
J'amie beaucoup les photos de cette personne.
Nous en avions fait la promotion il y a un an, lorsque son manager, nous a demandé de retirer les photos.
Incroyable mais vrai.
Je ne connaissait pas le travail de MAGDER et venant de découvrir sont travail sur son site, il est vrais que son travail est excellent, surtout les prise de vue furtif...