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île du levant

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Dernière réponse de laucatenatRépondre
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Strasbourg Strasbourg
Posté le : 13/04/2016 19H38
Bonjour à tous
Nous envisageons un séjour sur l'île du levant début juin.
Nous recherchons quelques avis sur les logements de l'île.
Les critères seraient , au calme ( pas de truc à nouba) et autonomie (style studio ou mobilhome). Nous avons regardé quelques locations genre "la coccinelle" ou "La Pinede"

Merci pour vos avis
 sea
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Martigues Martigues
Posté le : 13/04/2016 19H41
la coccinelle très bien, calme, à proximité de la place et du commerce
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Sisteron Sisteron
Posté le : 13/04/2016 20H15
bonsoir,
j ai séjourner a l éden
un petit bungalow,avec un lit double et un lit simple.
avec a disposition un petit frigos et une plaque avec un seul gaz.
dra et vaisselle a disposition,douche et sanitaire en commun comme n camping.et table et chaises pour mange en exterieur.
j y ai passer que une nuit ,mais mes voisins super sympas aver payer 800 pour 15 jours en aout.
le gérant super sympa ma preter une lampe poche.
il y a des photos dans ma galerie le levant.
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Pont-Saint-Esprit Pont-Saint-Esprit
Posté le : 14/04/2016 06H07
Bonjour,

Lorsque je vais sur l'ile du Levant je séjourne aux "Iles d'or" : calme , propreté, et gérants très sympathiques . Cette résidence se trouve a proximité de la place . Une piscine est a votre disposition .

Site : lesilesdordulevant

Ou que vous ayez l'intention de séjourner , ne tardez pas pour réserver !



Site officiel des commerçants du Levant ou vous trouverez hôtels , studios, appartements , bungalows ...

www.iledulevant.com.

Vous avez différents posts consacrés a l'Ile du Levant sur le forum .
Message edité le 14/04/2016 06H09
 chr
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Inscrit le : 08/04/2013
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Paris (tout arrondissement) Paris (tout arrondissement)
Posté le : 14/04/2016 10H55
Une petite précision pour La Pinède... C'est un lieu agréable mais totale impossibilité de recevoir une personne qui ne loge pas à la Pinède même pour un apéro ou un repas tranquille. Pour ma part je trouve cette clause (qui figure sur le site de la Pinède) très très abusive d'autant que les tarifs ne sont pas dans les plus accessibles... Et Monique est sur ce point inflexible.... Mieux vaut le savoir...
Pour ma part, je loge au Youkali et à L'Eglantine ( logements un peu vieillots)
Message edité le 14/04/2016 10H57
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Loiron Loiron
Posté le : 14/04/2016 11H38
Hello,

Nous avons séjourné au Bazard (épicerie du Levant) charmants petits studios avec une chambre, une salle de bain, une kitchenette et un salon de jardin sur terrasse. L'avantage c'est que c'est pratique pour faire ses courses ou acheter le pain frais du matin, tout sur place.
Les gérants (Berti et Michel) sont adorables et serviables. Berti est une figure du Levant...
Les prix sont hyper abordables 45€ la nuitée en Juin en 2012.
Bon séjour à l'ile du Levant
Message edité le 14/04/2016 11H39
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Inscrit le : 25/12/2012
Messages : 68
Strasbourg Strasbourg
Posté le : 14/04/2016 22H57
Merci à tous pour vos avis.
content
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Inscrit le : 06/05/2013
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Clermont-Ferrand Clermont-Ferrand
Posté le : 17/04/2016 09H26
Voir aussi ce site avec les coordonnées pour:
90 chambres en Villas d'Hôtes (B&B) et Hôtels
85 Appartements, Bungalows, Gîtes & Villas
=> //heliopolis.sitego.fr/content
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Cannes Cannes
Posté le : 23/07/2016 17H59
Un bel article sur l’île du levant:

"Outre Héliopolis, le Levant abrite la réserve naturelle des Arbousiers. Surtout, l’île est occupée aux trois quarts par la Direction générale de l’armement. Photos Bruno Gergaud pour Libération

Dans le Var, à une heure du Lavandou, subsiste un petit havre de paix sauvage. Une île au maquis dense qui accueille Héliopolis, domaine naturiste fondé dans les années 30.

Levant l’emportera
On débarque au Lavandou (Var) un après-midi sans un poil d’air sur le quai où l’on prend un ticket pour l’île du Levant et une heure de traversée. On charge de tout sur un bateau : des valises, des matelas de plage, des cartons ficelés. Quitter la terre ferme est un drôle de temps suspendu sur un banc de bois. On aime se retourner sur le gros sillon d’écume derrière le bateau.

Le Levant se rapproche, plus pelé, plus pierreux qu’au loin, son maquis dense et râblé où s’étire un chapelet de façades et de toits ocre. Le petit port est une échancrure dans la côte, hérissée de deux quais en béton. A peine posé le pied sur l’île, le chant des cigales vous assaille au milieu des figuiers de barbarie. Dans un minuscule coin d’ombre, un panneau vous indique que vous êtes sur le domaine naturiste privé d’Héliopolis et vous apprenez avec bonheur que les bruits gênants (radios, chants…) sont interdits sur la voie publique par arrêté municipal numéro 3 du 19 juin 1997.

Ce bout du monde a été fondé en 1931 par deux médecins, les frères Durville, initiateurs du naturisme dans la France de l’entre-deux-guerres, qui présentaient ainsi leur projet : «Héliopolis doit être […] une simple cité rustique où les amateurs d’air et de soleil viendront, dans le cadre d’une nature splendide, se reposer des fatigues de la civilisation artificielle des villes.»

Au XIXe siècle, le sort du Levant fut beaucoup moins idyllique puisqu’on y avait installé une colonie pénitentiaire où une centaine d’enfants moururent.

La montée
Il faut grimper pour découvrir le Levant. Un escalier de dalles chaudes parmi une mer d’ipomées aux fleurs violettes qui mangent arbres et buissons. Derrière de petites barrières de bois peint, on devine des jardins secrets où les lauriers fleurissent, roses et blancs ; des murs de pierres sèches rôties par le soleil ; des sentiers en friche où l’air sent le romarin, le myrte et le lentisque. Parfois, les cigales s’emballent comme une scie égoïne infernale.

L’activité du Levant surgit sans crier gare au détour d’un viron : une affichette offrant un forte récompense à qui retrouvera une tortue en fugue, les horaires des messes d’été à la chapelle du Christ-Roi. Dans une niche rose, une Vierge tient deux bébés. Des canards et des poules jacassent derrière les fourrés. Sous sa tonnelle de bougainvillées, la carte de la Fourmi promet de la morue à la portugaise.

Le rocher des Moines
On va par un chemin sableux en contemplant au loin le Lavandou enveloppé dans la brume de l’été. Les fleurs de mauve fripées par la soif bordent des baies vitrées qui se drapent dans d’épais rideaux pour se protéger du cagnard. On foule le camaïeu d’orange d’une forêt de capucines. Une cigale tombe à terre, immobile ; des lézards sinuent mollement. Le sentier s’enfonce dans un tunnel d’arbousiers avant de déboucher sur un raidillon indécis parmi de grosses racines et des touffes de criste-marine. Le rocher des Moines se mérite parmi un dédale de pierres fracturées, abruptes. Il faut avoir été ici enfant insouciant et indocile pour en éviter les pièges et plonger sans hésiter dans ces eaux qui paraissent irréelles tellement elles sont translucides, entre les bruns des falaises et les fonds obscurs. Après avoir gobé un bol de sel et d’iode, on aperçoit deux grosses dorades. Le soleil de 20 heures est une longue lame blanche qui effleure l’onde. Le rocher est comme une brique chaude qui vous sèche en une poignée de ressacs.

Le maquis
Une plume blanche se pose près de la tasse à café du matin. Un petit bateau fend la mer d’huile. La brise tiède charrie une puissante odeur de géraniums poivrée près d’une forêt de passiflores. Toute la verdure est démesurée sur cette île qui a été oubliée par la bétonite, figée dans une éternité paisible. A cette heure, le sentier du Point-du-Jour, qui court dans la réserve naturelle des Arbousiers (20 hectares, plusieurs espèces rares de la faune et de la flore), est un boyau d’ombre, tapissé de feuilles sèches, au milieu d’un enchevêtrement de troncs, de nœuds, de lianes, de bruyères arborescentes et de filaires à feuilles larges et luisantes. On grimpe sur un éperon rocheux mangé par les lichens où le vent s’énerve. En contrebas, un vieux navire de guerre gris, qui n’en finit pas de rouiller, rappelle que l’île est occupée aux trois quarts par la Direction générale de l’armement (DGA). Ce n’est pas le moindre des paradoxes du Levant, qui exalte la liberté à l’ombre de «la Grande Muette». Parfois, c’est le maquis qui devient une forteresse inexpugnable, où juste un créneau d’horizon permet de contempler la mer vers laquelle on descend jusqu’à la petite plage de la Galère, extrême pointe du domaine civil. Le vent d’Est a poussé les méduses vers le large.

La place du village
Il faut avoir guinché un jour d’été sur la place du Levant, entre les deux bars, piliers du village, que sont le Minimum et la Pomme d’Adam. C’est tout le petit monde de l’île qui est là : vacanciers dorés, habitants au long cours (80 personnes l’hiver), naturistes de la première heure et noceurs d’une nuit. Tenues torrides et polos sages trinquent à la bière, au pastis et au rosé. La vie au Levant a ses rituels, dont les innombrables cafés du matin sur la place entre deux palabres. On s’assied à une terrasse, on s’apprête à se lever que déjà on se rassied pour tailler une autre bavette avec un autre expresso. Les inconnu(e)s ne le restent pas longtemps mais il n’y a pas d’impudeur ici. Le décorum est complet quand passe et repasse la camionnette bleue d’Aziz, le seul à ne pas être rangé des voitures, interdites sur l’île. Aziz est tout à la fois un des deux épiciers du village, un peu Monsieur Loyal du gentil cirque du Levant et le taxi driver du maquis pour les récalcitrants des chemins escarpés.

Le chez-soi
Au crépuscule, les lumières du Lavandou scintillent sur la côte ourlée par le couchant orangé. Il n’y a pas de réverbère sur les sentiers du Levant mais, plus encore que l’obscurité, c’est le silence qui vous happe. Un silence épais, soyeux, qui vous invite à lâcher prise dans cette retraite où, en tendant l’oreille, on entend le murmure de la mer et les conversations étouffées sur les terrasses disséminées dans le maquis. Parfois, c’est le son tendre d’une guitare qui fugue dans l’obscurité, quand le chanteur Pierre Donoré célèbre son Ile du Levant. Il n’y a pas de petits ou de grands chez-soi sur ce rocher. Quelques villas ostentatoires, mais surtout beaucoup de «Sam suffit», héritées d’un aïeul, pionnier sur l’île. L’électricité n’est arrivée qu’en 1989. La frugalité permet d’aller à l’essentiel avec peu. Une poignée de courgettes, un paquet de pâtes (sans oublier le rosé) acheté chez Aziz ou à l’épicerie du Bazar, des rougets attrapés à l’aube par les deux pêcheurs de l’île, et voilà un festin pimenté par la débrouille. Certains poussent le dépouillement à l’extrême, comme David, émouvant vieil homme que l’on croise, un bâton et une béquille lui servant de cannes, portant deux boîtes de conserve sur un chemin. «Le Levant vous met à nu sur vous-même, sur la moelle de vos aspirations, de vos envies, suggère un habitant. Ici, la vraie nudité n’est pas celle du corps ou des plages naturistes.»



Jacky Durand
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Saint-Marcel-d'Ardèche Saint-Marcel-d'Ardèche
Posté le : 23/07/2016 18H43
franmich a écrit :
Un bel article sur l’île du levant:

"Outre Héliopolis, le Levant abrite la réserve naturelle des Arbousiers. Surtout, l’île est occupée aux trois quarts par la Direction générale de l’armement. Photos Bruno Gergaud pour Libération

Dans le Var, à une heure du Lavandou, subsiste un petit havre de paix sauvage. Une île au maquis dense qui accueille Héliopolis, domaine naturiste fondé dans les années 30.

Levant l’emportera
On débarque au Lavandou (Var) un après-midi sans un poil d’air sur le quai où l’on prend un ticket pour l’île du Levant et une heure de traversée. On charge de tout sur un bateau : des valises, des matelas de plage, des cartons ficelés. Quitter la terre ferme est un drôle de temps suspendu sur un banc de bois. On aime se retourner sur le gros sillon d’écume derrière le bateau.

Le Levant se rapproche, plus pelé, plus pierreux qu’au loin, son maquis dense et râblé où s’étire un chapelet de façades et de toits ocre. Le petit port est une échancrure dans la côte, hérissée de deux quais en béton. A peine posé le pied sur l’île, le chant des cigales vous assaille au milieu des figuiers de barbarie. Dans un minuscule coin d’ombre, un panneau vous indique que vous êtes sur le domaine naturiste privé d’Héliopolis et vous apprenez avec bonheur que les bruits gênants (radios, chants…) sont interdits sur la voie publique par arrêté municipal numéro 3 du 19 juin 1997.

Ce bout du monde a été fondé en 1931 par deux médecins, les frères Durville, initiateurs du naturisme dans la France de l’entre-deux-guerres, qui présentaient ainsi leur projet : «Héliopolis doit être […] une simple cité rustique où les amateurs d’air et de soleil viendront, dans le cadre d’une nature splendide, se reposer des fatigues de la civilisation artificielle des villes.»

Au XIXe siècle, le sort du Levant fut beaucoup moins idyllique puisqu’on y avait installé une colonie pénitentiaire où une centaine d’enfants moururent.

La montée
Il faut grimper pour découvrir le Levant. Un escalier de dalles chaudes parmi une mer d’ipomées aux fleurs violettes qui mangent arbres et buissons. Derrière de petites barrières de bois peint, on devine des jardins secrets où les lauriers fleurissent, roses et blancs ; des murs de pierres sèches rôties par le soleil ; des sentiers en friche où l’air sent le romarin, le myrte et le lentisque. Parfois, les cigales s’emballent comme une scie égoïne infernale.

L’activité du Levant surgit sans crier gare au détour d’un viron : une affichette offrant un forte récompense à qui retrouvera une tortue en fugue, les horaires des messes d’été à la chapelle du Christ-Roi. Dans une niche rose, une Vierge tient deux bébés. Des canards et des poules jacassent derrière les fourrés. Sous sa tonnelle de bougainvillées, la carte de la Fourmi promet de la morue à la portugaise.

Le rocher des Moines
On va par un chemin sableux en contemplant au loin le Lavandou enveloppé dans la brume de l’été. Les fleurs de mauve fripées par la soif bordent des baies vitrées qui se drapent dans d’épais rideaux pour se protéger du cagnard. On foule le camaïeu d’orange d’une forêt de capucines. Une cigale tombe à terre, immobile ; des lézards sinuent mollement. Le sentier s’enfonce dans un tunnel d’arbousiers avant de déboucher sur un raidillon indécis parmi de grosses racines et des touffes de criste-marine. Le rocher des Moines se mérite parmi un dédale de pierres fracturées, abruptes. Il faut avoir été ici enfant insouciant et indocile pour en éviter les pièges et plonger sans hésiter dans ces eaux qui paraissent irréelles tellement elles sont translucides, entre les bruns des falaises et les fonds obscurs. Après avoir gobé un bol de sel et d’iode, on aperçoit deux grosses dorades. Le soleil de 20 heures est une longue lame blanche qui effleure l’onde. Le rocher est comme une brique chaude qui vous sèche en une poignée de ressacs.

Le maquis
Une plume blanche se pose près de la tasse à café du matin. Un petit bateau fend la mer d’huile. La brise tiède charrie une puissante odeur de géraniums poivrée près d’une forêt de passiflores. Toute la verdure est démesurée sur cette île qui a été oubliée par la bétonite, figée dans une éternité paisible. A cette heure, le sentier du Point-du-Jour, qui court dans la réserve naturelle des Arbousiers (20 hectares, plusieurs espèces rares de la faune et de la flore), est un boyau d’ombre, tapissé de feuilles sèches, au milieu d’un enchevêtrement de troncs, de nœuds, de lianes, de bruyères arborescentes et de filaires à feuilles larges et luisantes. On grimpe sur un éperon rocheux mangé par les lichens où le vent s’énerve. En contrebas, un vieux navire de guerre gris, qui n’en finit pas de rouiller, rappelle que l’île est occupée aux trois quarts par la Direction générale de l’armement (DGA). Ce n’est pas le moindre des paradoxes du Levant, qui exalte la liberté à l’ombre de «la Grande Muette». Parfois, c’est le maquis qui devient une forteresse inexpugnable, où juste un créneau d’horizon permet de contempler la mer vers laquelle on descend jusqu’à la petite plage de la Galère, extrême pointe du domaine civil. Le vent d’Est a poussé les méduses vers le large.

La place du village
Il faut avoir guinché un jour d’été sur la place du Levant, entre les deux bars, piliers du village, que sont le Minimum et la Pomme d’Adam. C’est tout le petit monde de l’île qui est là : vacanciers dorés, habitants au long cours (80 personnes l’hiver), naturistes de la première heure et noceurs d’une nuit. Tenues torrides et polos sages trinquent à la bière, au pastis et au rosé. La vie au Levant a ses rituels, dont les innombrables cafés du matin sur la place entre deux palabres. On s’assied à une terrasse, on s’apprête à se lever que déjà on se rassied pour tailler une autre bavette avec un autre expresso. Les inconnu(e)s ne le restent pas longtemps mais il n’y a pas d’impudeur ici. Le décorum est complet quand passe et repasse la camionnette bleue d’Aziz, le seul à ne pas être rangé des voitures, interdites sur l’île. Aziz est tout à la fois un des deux épiciers du village, un peu Monsieur Loyal du gentil cirque du Levant et le taxi driver du maquis pour les récalcitrants des chemins escarpés.

Le chez-soi
Au crépuscule, les lumières du Lavandou scintillent sur la côte ourlée par le couchant orangé. Il n’y a pas de réverbère sur les sentiers du Levant mais, plus encore que l’obscurité, c’est le silence qui vous happe. Un silence épais, soyeux, qui vous invite à lâcher prise dans cette retraite où, en tendant l’oreille, on entend le murmure de la mer et les conversations étouffées sur les terrasses disséminées dans le maquis. Parfois, c’est le son tendre d’une guitare qui fugue dans l’obscurité, quand le chanteur Pierre Donoré célèbre son Ile du Levant. Il n’y a pas de petits ou de grands chez-soi sur ce rocher. Quelques villas ostentatoires, mais surtout beaucoup de «Sam suffit», héritées d’un aïeul, pionnier sur l’île. L’électricité n’est arrivée qu’en 1989. La frugalité permet d’aller à l’essentiel avec peu. Une poignée de courgettes, un paquet de pâtes (sans oublier le rosé) acheté chez Aziz ou à l’épicerie du Bazar, des rougets attrapés à l’aube par les deux pêcheurs de l’île, et voilà un festin pimenté par la débrouille. Certains poussent le dépouillement à l’extrême, comme David, émouvant vieil homme que l’on croise, un bâton et une béquille lui servant de cannes, portant deux boîtes de conserve sur un chemin. «Le Levant vous met à nu sur vous-même, sur la moelle de vos aspirations, de vos envies, suggère un habitant. Ici, la vraie nudité n’est pas celle du corps ou des plages naturistes.»



Jacky Durand
trop long a liremort de riremort de rire
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Arcachon Arcachon
Posté le : 23/07/2016 19H09
Et puis, de toute façon, on peut le lire ici :
http://www.liberation.fr/voyages/2016/07/22/levant-l-emportera_1467928
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Cannes Cannes
Posté le : 23/07/2016 20H22
Il vaut mieux en rire qu'en pleurer, mais ces remarques donnent quand même envie de pleurer sur l'état d'esprit de certains.

Intéressez-vous, découvrez, instruisez-vous...et faites preuve d'ouverture d'esprit, vous verrez, ça décontracte... :
Message edité le 23/07/2016 20H24
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Arcachon Arcachon
Posté le : 23/07/2016 20H31
Allons, relax, Franmichou... C'est toi qui m'as l'air contracté, en l'occurrence.
Pourquoi ça te donne envie de pleurer que je donne le lien ?
Message edité le 23/07/2016 20H36
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Survilliers Survilliers
Posté le : 24/07/2016 08H03
Merci Franmichou pour ce long article écrit dans un style trés "pagnolesque " que je viens de lire en le savourant au réveil .N'en déplaise à certains détracteurs de cette longue description , je me suis vu débarquer sur ce petit port, puis j'ai essayé de retrouver la tortue perdue en respirant bien l'odeur des cystes.... Si certains d'entre vous souhaitent nous faire connaître vos endroits "coup de coeur ", nous serons nombreux à apprécier vos récits .Bonne journée à vous tous et spécialement à vous qui êted sur cette belle île.
Bernard
 chr
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Paris (tout arrondissement) Paris (tout arrondissement)
Posté le : 24/07/2016 14H31
Merci Franmich pour ce partage.
Cette île reste un lieu d'exception.
Pour ma part c'est avec plaisir que je retrouverai la beauté levantine dans quelques jours.
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Clermont-Ferrand Clermont-Ferrand
Posté le : 24/07/2016 19H12
franmich a écrit :
Un bel article sur l’île du levant:

"Outre Héliopolis, le Levant abrite la réserve naturelle des Arbousiers. Surtout, l’île est occupée aux trois quarts par la Direction générale de l’armement. Photos Bruno Gergaud pour Libération

Dans le Var, à une heure du Lavandou, subsiste un petit havre de paix sauvage. Une île au maquis dense qui accueille Héliopolis, domaine naturiste fondé dans les années 30.

Levant l’emportera
On débarque au Lavandou (Var) un après-midi sans un poil d’air sur le quai où l’on prend un ticket pour l’île du Levant et une heure de traversée. On charge de tout sur un bateau : des valises, des matelas de plage, des cartons ficelés. Quitter la terre ferme est un drôle de temps suspendu sur un banc de bois. On aime se retourner sur le gros sillon d’écume derrière le bateau.

Le Levant se rapproche, plus pelé, plus pierreux qu’au loin, son maquis dense et râblé où s’étire un chapelet de façades et de toits ocre. Le petit port est une échancrure dans la côte, hérissée de deux quais en béton. A peine posé le pied sur l’île, le chant des cigales vous assaille au milieu des figuiers de barbarie. Dans un minuscule coin d’ombre, un panneau vous indique que vous êtes sur le domaine naturiste privé d’Héliopolis et vous apprenez avec bonheur que les bruits gênants (radios, chants…) sont interdits sur la voie publique par arrêté municipal numéro 3 du 19 juin 1997.

Ce bout du monde a été fondé en 1931 par deux médecins, les frères Durville, initiateurs du naturisme dans la France de l’entre-deux-guerres, qui présentaient ainsi leur projet : «Héliopolis doit être […] une simple cité rustique où les amateurs d’air et de soleil viendront, dans le cadre d’une nature splendide, se reposer des fatigues de la civilisation artificielle des villes.»

Au XIXe siècle, le sort du Levant fut beaucoup moins idyllique puisqu’on y avait installé une colonie pénitentiaire où une centaine d’enfants moururent.

La montée
Il faut grimper pour découvrir le Levant. Un escalier de dalles chaudes parmi une mer d’ipomées aux fleurs violettes qui mangent arbres et buissons. Derrière de petites barrières de bois peint, on devine des jardins secrets où les lauriers fleurissent, roses et blancs ; des murs de pierres sèches rôties par le soleil ; des sentiers en friche où l’air sent le romarin, le myrte et le lentisque. Parfois, les cigales s’emballent comme une scie égoïne infernale.

L’activité du Levant surgit sans crier gare au détour d’un viron : une affichette offrant un forte récompense à qui retrouvera une tortue en fugue, les horaires des messes d’été à la chapelle du Christ-Roi. Dans une niche rose, une Vierge tient deux bébés. Des canards et des poules jacassent derrière les fourrés. Sous sa tonnelle de bougainvillées, la carte de la Fourmi promet de la morue à la portugaise.

Le rocher des Moines
On va par un chemin sableux en contemplant au loin le Lavandou enveloppé dans la brume de l’été. Les fleurs de mauve fripées par la soif bordent des baies vitrées qui se drapent dans d’épais rideaux pour se protéger du cagnard. On foule le camaïeu d’orange d’une forêt de capucines. Une cigale tombe à terre, immobile ; des lézards sinuent mollement. Le sentier s’enfonce dans un tunnel d’arbousiers avant de déboucher sur un raidillon indécis parmi de grosses racines et des touffes de criste-marine. Le rocher des Moines se mérite parmi un dédale de pierres fracturées, abruptes. Il faut avoir été ici enfant insouciant et indocile pour en éviter les pièges et plonger sans hésiter dans ces eaux qui paraissent irréelles tellement elles sont translucides, entre les bruns des falaises et les fonds obscurs. Après avoir gobé un bol de sel et d’iode, on aperçoit deux grosses dorades. Le soleil de 20 heures est une longue lame blanche qui effleure l’onde. Le rocher est comme une brique chaude qui vous sèche en une poignée de ressacs.

Le maquis
Une plume blanche se pose près de la tasse à café du matin. Un petit bateau fend la mer d’huile. La brise tiède charrie une puissante odeur de géraniums poivrée près d’une forêt de passiflores. Toute la verdure est démesurée sur cette île qui a été oubliée par la bétonite, figée dans une éternité paisible. A cette heure, le sentier du Point-du-Jour, qui court dans la réserve naturelle des Arbousiers (20 hectares, plusieurs espèces rares de la faune et de la flore), est un boyau d’ombre, tapissé de feuilles sèches, au milieu d’un enchevêtrement de troncs, de nœuds, de lianes, de bruyères arborescentes et de filaires à feuilles larges et luisantes. On grimpe sur un éperon rocheux mangé par les lichens où le vent s’énerve. En contrebas, un vieux navire de guerre gris, qui n’en finit pas de rouiller, rappelle que l’île est occupée aux trois quarts par la Direction générale de l’armement (DGA). Ce n’est pas le moindre des paradoxes du Levant, qui exalte la liberté à l’ombre de «la Grande Muette». Parfois, c’est le maquis qui devient une forteresse inexpugnable, où juste un créneau d’horizon permet de contempler la mer vers laquelle on descend jusqu’à la petite plage de la Galère, extrême pointe du domaine civil. Le vent d’Est a poussé les méduses vers le large.

La place du village
Il faut avoir guinché un jour d’été sur la place du Levant, entre les deux bars, piliers du village, que sont le Minimum et la Pomme d’Adam. C’est tout le petit monde de l’île qui est là : vacanciers dorés, habitants au long cours (80 personnes l’hiver), naturistes de la première heure et noceurs d’une nuit. Tenues torrides et polos sages trinquent à la bière, au pastis et au rosé. La vie au Levant a ses rituels, dont les innombrables cafés du matin sur la place entre deux palabres. On s’assied à une terrasse, on s’apprête à se lever que déjà on se rassied pour tailler une autre bavette avec un autre expresso. Les inconnu(e)s ne le restent pas longtemps mais il n’y a pas d’impudeur ici. Le décorum est complet quand passe et repasse la camionnette bleue d’Aziz, le seul à ne pas être rangé des voitures, interdites sur l’île. Aziz est tout à la fois un des deux épiciers du village, un peu Monsieur Loyal du gentil cirque du Levant et le taxi driver du maquis pour les récalcitrants des chemins escarpés.

Le chez-soi
Au crépuscule, les lumières du Lavandou scintillent sur la côte ourlée par le couchant orangé. Il n’y a pas de réverbère sur les sentiers du Levant mais, plus encore que l’obscurité, c’est le silence qui vous happe. Un silence épais, soyeux, qui vous invite à lâcher prise dans cette retraite où, en tendant l’oreille, on entend le murmure de la mer et les conversations étouffées sur les terrasses disséminées dans le maquis. Parfois, c’est le son tendre d’une guitare qui fugue dans l’obscurité, quand le chanteur Pierre Donoré célèbre son Ile du Levant. Il n’y a pas de petits ou de grands chez-soi sur ce rocher. Quelques villas ostentatoires, mais surtout beaucoup de «Sam suffit», héritées d’un aïeul, pionnier sur l’île. L’électricité n’est arrivée qu’en 1989. La frugalité permet d’aller à l’essentiel avec peu. Une poignée de courgettes, un paquet de pâtes (sans oublier le rosé) acheté chez Aziz ou à l’épicerie du Bazar, des rougets attrapés à l’aube par les deux pêcheurs de l’île, et voilà un festin pimenté par la débrouille. Certains poussent le dépouillement à l’extrême, comme David, émouvant vieil homme que l’on croise, un bâton et une béquille lui servant de cannes, portant deux boîtes de conserve sur un chemin. «Le Levant vous met à nu sur vous-même, sur la moelle de vos aspirations, de vos envies, suggère un habitant. Ici, la vraie nudité n’est pas celle du corps ou des plages naturistes.»



Jacky Durand
Merci, pour cet article
je ne serai peut être jamais tomber dessus.

Il est tellement rare qu'un article sur le naturisme soit aussi beau et élogieux que ça valait la peine de le copier ici.

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Cannes Cannes
Posté le : 24/07/2016 20H44
Moustapoil a écrit :
Allons, relax, Franmichou... C'est toi qui m'as l'air contracté, en l'occurrence.
Pourquoi ça te donne envie de pleurer que je donne le lien ?
Mais non, cher Monsieur, comme ça vous avez l’impression d'être important et utile, donc c'est vrai je ne vais pas vous priver de ce double plaisir qui doit illuminer votre vie......mort de riremort de riremort de riremort de rire
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Arcachon Arcachon
Posté le : 24/07/2016 20H55
C'est gentil, ça, Franmichou... bisou
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Bourges Bourges
Posté le : 24/07/2016 21H49
Un grand plaisir que de lire cet article à la fois descriptif et élogieux...
Cela donne envie de découvrir le site; cela rappelle la description des fonds sous marins faite par Jules Verne dans son célèbre 20,000 lieux sous les mers... En plus on retrouve le plaisir de lire des textes en langue française qui se font de plus en plus rare...
Quel beau site et quelle belle langue pour le décrire..
Message edité le 24/07/2016 21H51
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Cannes Cannes
Posté le : 24/07/2016 22H07
12 >
Dernière réponse de laucatenatRépondre